Le macareux alias le perroquet de mer

A l’embouchure de la baie de Fundy, qui se creuse autour de la côte nord-est du Maine, il y a une île sur laquelle un oiseau assez comique d’aspect, le macareux, vient se nicher l’été. Le macareux, appelé encore « perroquet de mer », appartient à la famille des pingouins. Il est facilement reconnaissable à son énorme bec, presque aussi gros que sa tête.

Comme le pingouin, le macareux de l’Atlantique arbore un plumage très distingué, noir et blanc, mais ses pieds palmés sont rouge vif et sa tête est un étonnant mélange de jaune, de bleu foncé, de rouge, d’orange et de blanc grisâtre. Les autres oiseaux de mer ont plutôt le corps mince et de longues ailes qui vont en s’effilant.

Le macareux lui, quoiqu’il passe la majeure partie de son existence à voler au-dessus de l’océan, a un corps gras et lourd, des ailes courtes et arrondies, une queue massive.

Où rencontrer le macareux ?

 

Le macareux se rencontre rarement sur la terre ferme. Seul le besoin de trouver un nid lui fait quitter la haute mer et l’attire sur les îles. Pendant la première partie du printemps, il commence à chercher les crevasses et les interstices de roches où il logera son nid de feuilles sèches mêlées de quelques plumes. Dans ce nid en forme de coupe, la femelle pond un seul œuf de couleur blanchâtre. Le père et la mère se chargent tous deux d’alimenter et de soigner leur enfant unique.

Quoique leurs couleurs violentes puissent donner à croire que leur tempérament est audacieux et agressif, rien ne saurait être moins vrai. Les macareux sont timides, pusillanimes, et, sur terre, un rien les effraie. Toutefois, il est amusant de constater combien ils diffèrent entre eux, tout comme les membres d’une communauté humaine. Alors que certains vaquent avec assurance et tranquillité à leurs affaires, d’autres semblent égarés et inquiets. D’autres encore semblent animés par une intarissable curiosité. Mais aucun n’est bruyant. La réunion sur une île de petites dimensions d’oiseaux semblables à eux donne généralement lieu à un vacarme terrible, presque assourdissant. Les macareux, au contraire, sont très taciturnes et, quand par hasard ils ouvrent le bec, leur voix est en accord avec leur attitude solennelle.

Dignes, ils le sont jusqu’au bout des ailes et ils ont l’habitude de se coucher très tôt. Ils ne restent pas actifs pendant toute la nuit comme le font, en règle générale, les mouettes, les sternes et les becs-en-ciseaux.

En vol au-dessus de l’océan, les macareux peuvent rivaliser avec les oiseaux les plus agiles ; mais, au moment du décollage et de l’atterrissage, ils se trouvent parfois en difficulté. Leur corps grassouillet et leurs ailes arrondies les gênent alors beaucoup et il n’est pas rare de voir un macareux glisser sur les rochers en essayant de se poser. Au reste, cet oiseau ne peut pas décoller d’une surface plane. Il monte tout en haut des rochers et saute dans le vent, se fiant aux courants aériens pour l’aider. Le petit qui n’est pas encore en âge de voler doit compter sur ses parents pour sa nourriture.

Les macareux adultes sont des pêcheurs très souvent, ils rapportent d’une expédition habiles : en mer six poissons ou même davantage, tous de dimensions et d’espèces identiques. Comment, après avoir attrapé le premier, peuvent-ils ouvrir le bec, sans lâcher leur proie, pour attraper le suivant ? Peut-être, comme l’assure un ornithologiste, les plis rigides de leur palais empêchent-ils les poissons de glisser.

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