Le calao

Le calao est un oiseau qui sort de l’ordinaire. Et l’histoire de sa vie domestique est plus remarquable encore.

Cet oiseau, dont il existe près de quarante-cinq espèces, vit dans les forêts d’Afrique et du sud-ouest de l’Asie. Sa caractéristique dominante — qui est aussi son bien le plus utile – c’est son bec. Ce bec est très gros et très léger. Mais sa légèreté n’attente en rien à sa vigueur.

En réalité, le calao à un bec très robuste qui lui permet de creuser le bois des arbres. Au-dessus du bec, il y a un casque, une excroissance semblable à une corne. Le plumage de l’oiseau est généralement noir et blanc.

Quand approche l’époque de la couvaison, le calao mâle et la femelle travaillent ensemble pour construire leur nid. Ils commencent par choisir un emplacement convenable : en règle générale, le creux de quelque tronc d’arbre pourri. Aussitôt, la femelle se met à bâtir un nid de boue, d’écorce et de plume. Dès que sa tâche est terminée, elle s’installe dans son nouveau logis, dans une position telle que sa tête est tournée vers l’ouverture de l’arbre. Pendant ce temps le mâle, très affairé, se sert de son bec pour fabriquer avec de la terre une espèce de ciment. Puis il mure le trou, ne laissant qu’un petit orifice par lequel la femelle peut passer le bec. Il est très doué pour les travaux de maçonnerie et sa compagne l’aide à clore la cachette. Le ciment durcit et la femelle est bien au chaud à l’intérieur, à l’abri de ses ennemis.

Très vite, la femelle pond un petit œuf ovale, à la coquille rugueuse d’un blanc tacheté de rouge et de brun. Tout en couvant, elle mue et toutes ses plumes se détachent de son corps. Mais sa laideur est bien dissimulée à la vue.

A la recherche de nourriture

Dehors, le mâle passe son temps à chercher de la nourriture pour sa compagne emprisonnée. Ce problème le préoccupe tellement qu’il ne prend même plus le temps de manger et devient terriblement maigre. Parfois il meurt même d’épuisement à la fin de la période d’incubation.

Pour nourrir sa femelle, le calao emmagasine des provisions dans son gosier. En secouant vigoureusement la tête, il les fait ensuite remonter dans son bec et les donne à sa compagne. Il l’alimente si bien qu’elle grossit démesurément. Rien d’étonnant à cela ! Elle ne fait rien de tout le jour. Si son fournisseur était tué ou blessé et ne pouvait plus lui apporter à manger, elle n’en souffrirait pas. D’autres calaos assumeraient les fonctions du mâle disparu, en plus de leurs devoirs vis-à-vis de leur propre famille. On a connu un cas où cinq oiseaux s’associèrent pour alimenter une femelle qu’avait perdu son mâle.

Enfin l’œuf éclot, et un petit, aveugle et nu, vient au monde. Puis il commence à grandir et ses plumes poussent. Pendant ce temps, un nouveau plumage vient également remplacer celui que sa mère a perdu pendant la couvaison.

Le petit n’a d’abord au-dessus du bec qu’une minuscule excroissance de couleur orange. Mais, au bout de très peu de temps, elle prend la forme et la dimension du casque qui orne le crâne de ses parents.

Lorsque la femelle a complètement recouvré sa splendeur première, elle brise le ciment qui la retenait prisonnière. La famille est réunie. Mais regardez-les tous, posés sur une branche d’arbre : si la mère et l’enfant ont belle allure,
grâce à une nourriture abondante, il faudra une sérieuse suralimentation pour le père, afin qu’il redevienne aussi beau qu’avant.

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